• Potagers bio intensifs à Cuba

     

    Cuba, une "île en transition" dans le domaine agricole, tout comme cette ferme modèle autonome nommée "Songhaï" crée il y a de cela 30 ans en Afrique.

     

    A Cuba, la "culture intensive de légumes sur buttes permanentes et sur très petites surfaces" combinée à utilisation à bon escient les associations culturelles me rappelle fortement celles pratiquées dans les "Jardin-créoles"de Martinique.

     

    Je vous propose de voyager vers cette île de toute beauté que j'ai eu la chance de découvrir lors d'un voyage qui à mon goût a été trop court...

    A coup sûr à Cuba, j'y retournerai! 

      

    La révolution bio de Cuba, documentaire en 3 parties intitulé "Révolution verte urbaine" explique concrètement comment s'est imposée l'agriculture bio à Cuba, jusqu’à devenir une île bio à 80% en productions fruitière et légumière. 

     

    Le projet Devag tisse un lien fort constructif d'échange de savoirs entre Cuba et d'autres îles de la Caraïbe dont les îles Françaises Martinique et Guadeloupe et cette superbe  île "Perle des Antilles" qu'est Haïti.

     

     

    Index  

    Révolution verte urbaine

    Potager bio-intensif

    Les plantes médicinales

    Fabrication de fertilisants en compostage

    L'auto-suffisance alimentaire

    Projet Devag 

    Cit'action

     

     

      

    Révolution verte urbaine 

     

    Révolution verte urbaine Part1

      

    Un petit retour historique

    A la révolution dans les années 60, puis après la chute du communisme dans les années 90, Cuba a transformé de grandes parcelles en petites surfaces menées en polyculture pour cause d'embargo dès les années 70. 

     

    Cuba a donc mené une politique qui :

    • limitait les surfaces de grands domaines basés sur une monoculture de canne à sucre exportatrice vers les Etats Unis d'Amérique et l'Europe (67% des terres arabes à Cuba appartenaient aux USA)
    • qui diminuait la contrepartie importatrice de denrées alimentaires de base (riz-haricot-maïs...)

     

    Une crise sans précédant s'en est suivie

    Par souci de nourrir la population, une grande réforme agraire s'est imposée, une agriculture de subsistance urbaine est née. 

    Ce changement involontaire a toutefois permis à Cuba de se tourner vers de nouvelles techniques de productions naturelles étant donné que se raréfiaient pétrole, engrais et pesticides.

     

     

    Dès lors, des techniciens et chercheurs se sont penchés vers d'autres alternatives puisant dans toutes les techniques culturales ancestrales ainsi que celles existant dans le monde.  

     

    La population a été invitée à remettre en pratique en ville comme à la campagne différentes techniques ancestrales. 

     

    Pour ce faire a été décidé, l'octroi gratuit de terres agricoles à tous ceux qui le désiraient. 

    Parallèlement fut menée une politique de vulgarisation d'information et de formation de la population au maraîchage.

     

     

    L'objectif était l'autosuffisance alimentaire des villes, grâce à une production de proximité de légumes frais et sains en limitant les déplacements (absence de carburant, coût des transports) de légumes produits à la campagne vers la ville.

     

    C'est ainsi que la vente directe sur le lieu de production s'est considérablement développée. 

    Des micro-potagers biologiques sont nés en maximisant les rendements et en minimisant les dépenses énergétiques et financières.

     Index  

     

      

    Potager bio-intensif 

    A la Havane, les années 90 ont vu la résurgence du "potager traditionnel", par soucis d'un gain de place, de productivité élevée et diversifiée.

     

    Nommé "Potager bio-intensif", la base de cette tradition est la technique ancienne d'association culturale réalisée sur les petites parcelles urbaines au sein de la ville.

     

    L'ensemble des cultures maraîchères est installé sur planches permanentes menées grâce entre autre aux déchets organiques.

     

    Pullulent des "Jardins organiques" appelés "Organoponico", l'agriculture urbaine et périurbaine prend des lors de l'ampleur.

      

    Une ancienne pratique fut remise au goût du jour et pris une considérable ampleur à Cuba. Cette pratique ne crée aucune pollution, aucun compactage du sol. Elle consiste à travailler la terre avec une charrue tirée par des bœufs.

     

     

    Aux deux grands intérêts agro-écologiques de l'agriculture biologique intensive à Cuba, se sont greffés d'autres atouts liant l'alimentaire à la thérapeutique en passant par un lien social éducatif fort.

     

    C'est ainsi que les anciens, femmes, hommes et jeunes ont tissé des ponts entre eux en participant main dans la main au travail de la terre avec joie, amour et charité sociale retrouvée:

    • Les anciens reprennent vie en transmettant aux jeunes leur savoirs ancestraux; 
    • Les jeunes voient s'ouvrir à eux un meilleur avenir; 
    • Les femmes sont devenues plus indépendantes;
    • Les hommes sont plus heureux dans le domaine de la nature;
    • Tous apprennent et vulgarisent les synergies entre les aliments (légumineuses-graminée...) et les bienfaits diététiques des aliments locaux sains qu'ils prennent plaisir à consommer. 

     

    Dès lors, le maraîchage est devenu une activité et un métier noble, respecté et lucratif.

    A l'instar des pays développés, un paysan Cubain qui nourrit la population gagne correctement sa vie.  

     Index  

     

     

    Révolution verte urbaine Part2  

     

     

    Les plantes médicinales

    Cuba produit des plantes médicinales souvent utilisées pour la population en infusion et décoction.

    Ces même plantes servent à élaborer des teintures mères pour les pharmacies, cliniques, écoles...

     

    Différentes plantes comme l'origan, marjolaine, camomille, thym sont produites, néanmoins la menthe reste une des plantes phare les plus demandée comme antispasmodique.

     

    Elle rentre dans la composition de cocktails dans les hôtels et bar de l'île.

    Le fameux "Mojito" à base de rhum "Havana Club" et d'une branche de menthe et de citron créole en est un.

      Index  

     

      

    Fabrication de fertilisants en compostage

    Des fermes sur le mode polyculture-élevage produisent leur propre fertilisation organique grâce à la fabrication de compost de fumier, de lombric-compost de fumier et d'humus de lombrics.

      

    • Le compost de fumier

    Il est élaboré par alternance de couches successives de fumier et de déchets végétaux, jusqu'à une hauteur de 1 à 1.5 m.

    Au fur et à mesure de l'ajout de couches différentes, un arrosage est effectué. 

    La durée du compostage de ce compost de fumier est de 6 mois. 

     

    • Le lombric-compost de fumier

    La technique est très simple, une couche de fumier de bovin est disposée à l'ombre des arbres auquelle est ajoutée des lombrics.

    Chaque semaine, selon l'état de décomposition de la matière organique est ajoutée une nouvelle couche de fumier de bovin.

    Les couches sont surveillées et humidifiées afin de maintenir un taux d'humidité entre 70 et 80%.

    Les ondins ainsi formés restent durant 2 à 3 mois avant de  devenir de lombric-compost utilisable pour les semis.  

     

    • L'humus de lombrics

    L'humus de lombrics est fabriqué à partir de la décomposition de tas d'ondins de déchets organiques par ajout de lombrics.

     

     

    Des centres d'essais, semblables à la ferme urbaine "UBPC Vivero Organoponico Alamar" et des coopératives agricoles ont effectués de nombreux essais de semis sur substrats.

     

    Il en ressort d'excellents substrats de culture pour semis utilisés en diverses combinaisons:

    • certains centres utilisent pour leur semis 50% d'humus, 25% de compost, 25% de paille de riz

     

    • d'autres au contraire préfèrent un substrat composé d'un mélange de 50% de terre et de lombric-compost, 25% d'écaille de riz et 25% de tourbe 

     

    En règle générale, le lombric-compost rentre dans la composition de substrat de semis tandis que les composts et l'humus de lombrics servent à amender la terre des planches.

     

    Leur technique privilégiée est le semis en serre dans des plateaux multicellulaires.

    Les plantules de qualité optimale sans maladies ni ravageurs, sont transplantés en pleine terre avec un taux de réussite de 100%, leur système racinaire étant dans ce substrat de lombric-compost bien développé.

     

    Les plantules restent sous serre à semis entre 25 ou 30 ou bien 50 jours selon le type de plantules.

     

    Par souci de productivité et de disponibilité, 2 graines sont semées dans le même compartiment du plateau.

    Ainsi 2 plantules poussent ensemble, le premier ira à la transplantation, le second remis dans un autre plateau attendra d'être transplanté un peu plus tard.

     Index  

     

      

    L'auto-suffisance alimentaire

     

     Révolution verte urbaine Part3

     

    L'auto-suffisance alimentaire passe par les associations culturales, la diversification, la distribution et la sauvegarde des semences.

     Index  

     

     

    Associations culturales

    Plusieurs modes d'associations culturales poly-culturales sont mises en oeuvre afin de maximiser à son optimum l'espace disponible et de fournir des récoltes échelonnées et riches en diversité toute l'année:

    • L'agroforesterie consistant à intégrer dans une plantation à long terme d'arbres fruitiers, des cultures intercalaires à moyen terme comme ici, une culture de taro (chou de Chine) entre des avocatiers. ils font de même entre les papayers, goyaviers, haricot et tomate

     

    • Des cultures à court terme intercalées entre des cultures à moyen terme tel les fèves entre les bananiers ou les goyaviers

     

    Il en résulte une réappropriation par la population des fruits locaux et une augmentation de la consommation légumes traditionnels riches en vitamines et éléments nutritifs.

     

    De même, il en résulte un incroyable retournement de rôle.

    En effet, l'agriculture urbaine enseigne aux paysans de la campagne les façons culturales associatives oubliées au fil des années.

    Cette agriculture intensive bio de proximité entre dans une ligne droite philosophique d'une vie saine, calme et agréable.

     

    Je cite quelques termes de ce documentaire qui à mon sens représentent indéniablement les mots clefs de l'utilité de l'agriculture bio intensive pratiquée à Cuba:

    • "Obtenir la sécurité alimentaire ou la souveraineté alimentaire sont deux choses différentes; 

     

    • Quand tu obtiens la sécurité alimentaire, il est possible que tu importes et que tu obtiennes les aliments mais tu es dépendant d'un marché;

     

    • Quand tu obtiens la souveraineté alimentaire, tu as la capacité ou l'indépendance de produire ce que tu veux consommer, comme tu veux consommer et quand tu veux le consommer."

    Index  

     

     

    Culture de champignons comestibles

    Dans cet esprit d'intensification, de diversité culturales et comme disait Lavoisier "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme".

    Les paysans Cubains apprennent à conserver et utiliser leurs résidus de cultures tel des feuilles de bananiers, afin d'en faire un substrat de compost utilisé pour la culture de champignons comestibles au bout de 21 jours de culture (pleurote).

     

    Les paysans se procurent des sacs de millet colonisés en champignons auprès d'un centre de conservation de collection de cultivars de champignons, l'"INIFAT" crée en 1975.

    Index  

     

     

    Conservation et vulgarisation des semences

    Bien sûr, la souveraineté et indépendance alimentaire passe par la conservation des semences de variétés locales, en auto-approvisionnement, en s'affranchissant des firmes et ce, en produisant sur l'ensemble du territoire Cubain afin de limiter les pertes dû à la sécheresse, cyclone ou maladies.

     

    Des centres de recherches et instituts produisent des semences biologiques qui sont distribuées à des unités de productions pour être ensuite vendues aux paysans et à la population via une entreprise de semences dans un réseau de magasin de l'agriculture urbaine.

    Index  

     

     

    Contrôle biologique du parasitisme et épidémies

    Le contrôle biologique du parasitisme et des épidémies passe par:

    • préalablement par la saine et bonne composition des substrats de culture

     

    • l'utilisation préventive agro-écologique des plantes répulsives

     

    • Les plantes odorantes qui éloignent et perturbent les insectes comme l'origan, les tagettes (oeillet d'Inde), le basilic...

     

    • Des plantes qui attirent des groupes d'insectes comme  le tournesol aidant de ce fait à combattre les nuisibles

     

    • La vaporisation d'infusion de plus de 200 plantes aux propriétés insecticides, acaricides, fongicides: graines de papayers, piment fort. 

     

     

    Cuba s'appuie sur le concept de base de la permaculture afin de fournir une agriculture bio intensive en équilibre fonctionnel avec la nature:

    • aux extrémités des cultures, présence de maïs ou de tournesol;

     

    • au centre, des plantes répulsives ou attirantes;

     

    • présence de ruches car sans les abeilles pas de fruits ni de rendement;

     

    • surtout la vigilance par l'observation systématique du potager afin d'agir au moment adéquat;

     

    • des pièges de couleurs jaunes, bleus, rouges avec enduits de graisse;

     

    • conserver la lisière de bois qui fournit l'équilibre naturel, les contrôles biologiques ainsi la production d’auxiliaires de cultures (insectes, oiseaux, micro-organismes);

     

    • la culture de l'homme qui doit aimer "Mère-Nature".

     Index  

     

      

    Projet Devag

    Fort de l'exemplarité Cubaine, le projet Devag est né en 2009.

    Programmé pour 4 ans, il est basé sur un réseau Caribéen d'échange de savoir-faire entre Cuba, Haïti, la Martinique et la Guadeloupe.

     

    Devag est donc un projet de recherche et de développement de productions fruitières et légumières agroécologiques et biologiques dans la Caraïbe qui a pour objectif de produire des productions fraîches et saines pour les marchés locaux.

     

     

     

    Comment Cuba survécut en 1990 sans pétrole

     

     

     

    Cit'action

    Face à un système qui confisque

    le droit des peuples à se nourrir par eux-mêmes,

    l'agroécologie est une alternative éthique et réaliste,

    un acte de légitime résistance,

    qui permet l'autonomie des populations

    et la préservation de leurs patrimoines nourriciers

    Pierre Rabhi

     Index  

     

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  • Commentaires

    1
    JACQUES FAUTEUX
    Vendredi 19 Juin 2015 à 01:32

    je voudrais faire de la culture hydroponique a cuba as tu des infos a ce sujet 

    2
    Dimanche 5 Juillet 2015 à 23:58

    Bonjour Jacques Fautteux, je n'ai pas d'infos sur la culture hydroponique à Cuba, étant nullement intéressée par ce système de culture qui me semble insensé et aller à contre courant de la nature.

    Cultiver des légumes sans terre, dans l'eau ou sur un support de fibre de coco en apportant à la plante des éléments nutritifs par transfusion et ce, même avec l’appellation "bio" ne me convient pas, en effet,

    la nature est un tout, la terre, la vie du sol, la plante, l'eau, les échanges ect... l'homme ne peut remplacer toutes ces interactions en se contentant de faire pousser des plantes hors sol.

    Un légume poussant en hydroponie est un légume "sans vie" pour la santé humaine même en étant estampillé "bio", n'ayant reçu toutes les forces de vie que seule la nature procure et que la main de l'homme ne peut donner même avec la meilleure volonté du monde.

    La meilleure alimentation pour l'homme est une alimentation du non faire, de ce fait, laisser faire la nature sans lui ôter aucun élément qui la composent est la solution.

    Bien à vous! Jacky

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