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Une parcelle préservée nommée "Bio Ti Lande"
Parcelle en friche depuis + de 30 ans à "La Lande"
Création de la mare en 2013 dans la partie basse du terrain car présence de sable en plus grande quantité favorisant la venue de l'eau de ruissellement vers la mare, présence d'argile permettant de retenir l'eau évitant l'ajout d'une bâche plastique au fond de la mare.
L'emplacement de la mare préconisé par Georges a été judicieux, elle retient et conserve l'eau de ruissellement et de pluie, elle est utile pour le biotop environnant, abeilles, oiseaux, insectes, grenouilles ... vivent et viennent y puiser leur pitance.
Préparation de la parcelle , création des planches, paillage et montage du tunnel 2013 avec l'aide d'amis et d'amapiens.
Solarisation par pose d'une bâche plastique sur le sol afin de détruire les "mauvaises herbes" du tunnel.
J'ai appris et compris le rôle crustal de la mauvaise herbe et son utilité pour le sol, la vie du sol et la plante (cf explications plus bas : "Le non travail du sol et utilisation d'une couverture permanente d'herbe détruite avant mise en place des cultures extérieures").
Planches permanentes avant paillage
Je me suis installée sur une parcelle de 1 hectare, dont le propriétaire se prénomme aussi "Georges" comme mon père.
Heureux hasard!
Tout comme j'écoutais tout ce que m'inculquait mon père Georges à la Martinique, ce Georges là (de la France métropolitaine), je l'écoute avec plaisir, tout en retenant ce qui concorde avec mes aspirations profondes et laissant ce qui ne me convient pas!
Georges est un ancien qui n'est jamais avare de conseils bienveillants.
Je me suis installée non pas à la Martinique comme je l'imaginais. La vie nous ouvre des perspectives impensables allant de surprises en surprises.
Celle-ci en est une!
Je suis maraîchère à "La Lande" en Touraine où chaleur ensoleillée ne dure qu'une saison.
Que cela ne tienne!
BioTiLande à l'entrée de "La Lande" de Reugny
Apprivoiser et apprécier le temps saisonnier
J'ai appris à apprivoiser et apprécier le temps qui court de l'été où tout fourmille et foisonne, le temps automnal qui constitue pour moi un second printemps puis la période nonchalante passant de l'automne à l'hiver durant laquelle les légumes s'endorment peu à peu qui néanmoins préfigure au printemps suivant, un départ sur les chapeaux de roues des légumes mis en place à cette période.
Cultures sous tunnel
Cultures en plein champ
Je suis en paix avec la nature qui m'entoure, je respire et vie avec elle!
L'été a enveloppé ma parcelle de sa douce chaleur puis elle s'est imprégnée d'une chatoyante odeur-terre de vie automnale.
Salades d'automne
Courge
Quelque fois, je la découvre sous un manteau blanc hivernal, elle s'est laissée couvrir durant la nuit d'une éphémère pellicule dentelée qui le jour pointant se dissolve en fines gouttelettes enivrant le repas de la terre.
Fine pellicule de givre sur ma mare
Au printemps prochain, ma parcelle continuera de nourrir une multitude d'êtres vivants s'abandonnant congratuleusement à mes futurs légumes pointant tout en se laissant envoûter par l'odeur des fleurs printanières.
Réveil printanier des abeilles à BioTiLande
C'est Georges qui s'occupe de ses ruches
et des essaims nouvellement formés
Magnifique parterre de fleurs printanières
Un des prunus en fleur
clôturant la parcelle BioTiLande
J'avance confiante grâce,
à des sources diverses et variés qui m'interpellent. J'y puise uniquement les éléments de ces sources qui me parlent tout en laissant de côté ceux qui ne sont pas en adéquation avec ma vision essentielle ne pas bouleverser le sol et la vie qui s'y trouve afin de conserver et maintenir l’équilibre de la vie.
Par exemple, le double-bêchage proposé par John Jeavons me laisse perplexe, celui-ci crée un chamboulement du sol.
Il est de même pour l'ajout de compost mur au sol ou de fumier. Bien que ces deux composants soient bénéfiques à la pousse des plantes, j'ai toutefois remarqué que ceux-ci attiraient bien plus d'insectes, bactéries et champignons nuisibles aux plantes tout en s'avérant être bien inutiles à la vie du sol étant des matières ayant déjà été décomposées par celle-ci.
Je préfère donc l'utilité du compostage de surface, c'est à dire laisser les déchets de légumes, la mauvaise herbe et le foin être dégradé par la vie du sol sans court-circuiter le système.
Mes sources et ressources proviennent :
- de mes formations initiales agricoles (BEP Polyculture-élevage, BTA Productions (animales et végétales), BTS Productions animales, stage de 7 mois intensifs en Maraîchage bio chez un producteur;
- de mes origines Antillaises et agricoles regroupant un savoir-faire intégré dans le "Jardin-créole", ce melting-pot de connaissances venues de nos ancêtres Amérindiens, Européens, Africains, Asiatiques (Indes et Chine). Je constate que la permaculture est ni plus, ni moins que, ce que nous antillais et toute autre population autochtone pratiquent depuis des lustres.
La permaculture est en fait, le bons sens naturel oublié par certain et remis au goût du jour;
- des données technico-économiques relatives au maraîchage sur petite surface " Guides techniques maraîchage bio";
- des pratiques de maraîchage bio intensif sur petites surfaces que propose depuis 40 ans John Jeavons "Grow biointensive". Ce lien pdf en français résume la technique de John Jeavons : « Résumé du manuel Grow biointensive traduction Française.pdf »;
- de la vision du maraîchage bio intensif aux Antilles mise en place depuis 46 ans à Cuba qui est toute aussi éloquente et sources d'informations : "Potagers bio intensifs à Cuba";
- de l'agriculture vivrière et maraîchère bio intensive développées depuis plus de 30 ans au Bénin au "Centre Songhaï", une ferme bio autonome formant des fermiers-entrepreneurs.
La baisse de la charge de travail en hiver me permet d'affiner mes connaissances en participant aux formations proposées par BioCentre, le GABBTO 37, tout en continuant à lire et visualiser des vidéos relatives à mon métiers.
Je vous invite à piocher dans mon article "Biblio Ti Lande", les livres de ma bibliothèque personnelle que j'apprécie.
De même, j'avance grâce,
à des deux rencontres fondamentales de maraîchers cultivant sur planches et sur petites surfaces (moins d'1 hectare) depuis plus de 10 ans pour l'un et plus de 30 ans pour l'autre, en maraîchage bio-intensive.
L'un cultive au Canada "Jean-Martin Fortier", l'autre aux Etats Unis "Eliot Coleman".
J'ai eu le plaisir de les rencontrer cette année 2013, à la "Ferme du Bec Hellouin" et d'acquérir dans la lancée leur livre "Le jardinier-maraîcher" et "Des légumes en hiver", livre "The winter harvest handbook" traduit en français par Elsa Petit.
Dans les techniques qu'ils préconisent, je ne suis pas en accord avec tout et ne conserve donc que certaines données.
Bien que j'ai effectué de nombreux stages et formations avant de débuter dont le "stage pratique" de 7 mois en maraîchage bio pleins de ressources, néanmoins faire ses premières armes sur son propre terrain est
capital!
J'apprends sur le tas, comme cela s'est précédemment déroulé pour mes deux métiers "d'agent de vente" en agence de voyage puis de "secrétaire juridique" en cabinet d'avocats.
Je cultive bio!
Sur planches permanentes et bien que mes premiers légumes ont été semés tard dans la saison au mois de juin, j'ai pu tout de même faire mes preuves et apprendre en expérimentant sans cesse, en observant le comportement de mes légumes et de tous ses acolytes, en retenant et conservant les données de mes réussites mais aussi en virant de bord ou abandonnant quand échecs il y avait.
L'observation et les échecs me font grandement avancés, je ne les considère pas comme une perte de temps mais comme un grand pas vers une meilleure et nouvelle appréhension de la nature!
Planches permanentes du tunnel au printemps
Index 
Mes planches permanentes!
Planches façonnées à la charrue vigneronne
puis passage d'un rotavator pour émietter les mottes, mais l’un des inconvénients de cet outils est la création d'une semelle de labour donc,
J'ai stoppé l'utilisation du rotavator qui déséquilibrait l'écosystème.
Finalement avancer rapidement pour préparer un immense lit de semence n'est pas une démarche allant dans le sens de la nature ni celle de ma nature.
Vue ensemble de BioTiLande au printemps
Je passais le rotavator à fleur de sol afin de fractionner les "mauvaises herbes" et les déchets de légumes et ainsi éviter que mes buttes ne s’affaissent par un passage profond de cet outil.
Mais il s'avère que c'est dans les tous premiers centimètres que la vie du sol est la plus riche et active.
Autre fait important, le rotavator crée une semelle de labour et déchiquette tout sur son passage, vers de terre, insectes, champignons du sol inclus, dénature la structure du sol et vide celui-ci de son essence.
Un immense lit de semence fait ainsi est uniquement "beau" aux yeux des hommes mais pas du tout conforme aux yeux de la nature.
Cela ne me plaisait guerre, ce constat me mettait vraiment mal à l'aise, je me sentais en discordance total avec mon essence.
J'ai donc pris le temps de prendre le temps!
Le temps pour préparer au fur et à mesure ma parcelle avec ce que la nature me fournit gratuitement et généreusement, en arrêtant de lutter contre mais plutôt de faire avec, en l’occurrence, de faire avec la dite mauvaise herbe.
Mon choix du "non travail du sol" et d'une utilisation d'une couverture permanente
J'ai donc abandonné cette technique de rotor!
En tout état de cause, la nature ayant horreur du vide, s'empressera de recouvrir cette terre mise à nu sans défense, selon ses possibilités et le degré des dégâts occasionnés.
Ma priorité a été de rétablir la situation en laissant pousser une couverture de plus en plus naturel de mauvaises herbes en tendant le plus rapidement possible vers le "non travail du sol" pour :
- limiter le fastidieux désherbage,
- amoindrir l'arrosage,
- aider les légumes à faire face plus facilement aux conséquences d'une sécheresse ou au contraire aux surplus d'eau,
mais aussi fait important auquel on ne pense pas :
- arrêter d'affamer la vie du sol en lui enlevant le pain de la bouche (la mauvaise herbe et la matière organique verte et fibreuse sont source énergétique de la vie du sol) et de la dérégler en favorisant les insectes et maladies virulentes, j'y viens!
N'est-ce-pas là l'esprit du bon sens où tout ce qui se trouve sur place et se recycle sur place est bien plus profitable aux futurs légumes par rapport à ce qui est apporté d’ailleurs.
N'est-ce-pas cela le cycle naturel?
Il faut garder à l'esprit qu'une plante déjà présente fait un travail faramineux.
En effet, elle utilise sa partie aérienne pour accueillir l'énergie lumineuse lors de sa photosynthèse tout en puisant par sa partie souterraine les minéraux du sol en exsudant une grosse partie de sa source énergétique, produit de sa photosynthèse en l'occurrence son sucre, mise à disposition de sa rhizosphère l'aidant dans sa tâche.
Fort de ce constat, je décide de changer catégoriquement de technique vers ce "non travail du sol" afin de conserver un sol toujours couvert de plantes pérennes "mauvaises herbes" me servant d'engrais verts que je n'ai nul besoin d'acheter ni de semer, mais que je détruis par occultation par la pose de bâches noires d’ensilage que je retire entièrement pour pouvoir semer ou transplanter mes légumes.
Bien sûr, j'ai remarqué qu'un travail du sol booste la vie du sol et accentue par le réveil de cette vie grouillante et plein d'entrain la minéralisation de la matière organique,
et j'ai bien conscience que tout ceci favorise la pousse de mes légumes,
mais,
le revers de la médaille est qu'il s'en suit la perte de l'eau du sol, la destruction de la vie du sol, la perte d'éléments nutritifs, le compactage et le tassement du sol...
Des légumes poussant dans ces conditions deviennent lourds et obèses, simplement gorgés du trop plein d'eau apporté par l'arrosage, ramenant trop de nitrates, donc favorisant les sucres au détriment des anti-oxydants bénéfiques pour la santé humaine mais aussi pour la défense de ces dits légumes contre la prédation.
Ce types de légumes sont dès lors des "attire-mouches" sans défenses pour tous les prédateurs, insectes, champignons, bactéries... me donnant plus de travail de soin en tisanes, décoctions ou purins.
En ayant cette attitude rotor, je voyais bien que je rentrais dans cycle sans fin du défaire-faire-refaire!
Autres faits importants pour la clientèle!
Des légumes lourds et obèses uniquement gorgés d'eau, de nitrates, de sucres, ne sont pas du tout bénéfiques pour la santé humaine et une fois récoltés, ils ne se conservent pas bien longtemps.
Mon choix est donc fait!
Par ce biais, je ne court-circuite plus le destin naturel de la vie.
Mes légumes poussant dans ce type de sol en équilibre sont, plus gouteux, plus nutritifs et se conservent bien plus longtemps.
Pour élargir la réflexion sur l'utilité de conserver son sol toujours couvert, je vous invite à écouter Konrad Schreider qui expose avec brio sur cette vidéo le rôle essentiel du couvert végétal, en viticulture, en maraîchage, en grandes cultures...
Il explique comment procéder pour que la plante cultivée ne puisse plus être une "plante intrus" mais devenir comme il le dit si bien, une "plante intrant", entrant entièrement dans le cycle de la nature.
Le travail du sol en vigne est-il nécessaire ? - Konrad Schreiber
Depuis ma prim'enfance,
ma vie s'est construite et façonnée en ce bois qui plie au gré des difficultés, quelquefois entêtée et dure comme le bois du goyavier mais bien souvent réfléchie et flexible comme le bambou, dans l'ultime but d'attendre la voie que je me suis fixée.
Mon ange gardien est
en l'occurrence, ma foi en Dieu qui représente en tous lieux un doux et précieux soutien, ma force spirituelle et physique.
Et je me relève et avance!
Comme écrit Aimé Césaire dans son poème "Comme un malentendu de salut : Parole due"
... Avance en chemin
sans écarter les chiens
le vent par toi vivant par toi-même les acharne
de tout ce que de montagne il s'est bâti en toi
construis chaque pas déconcertant
la pierraille sommeilleuse
ne dépare pas le pur visage de l’avenir
bâtisseur d’un insolite demain
que ton fil ne se noue
que ta voix ne s’éraille
que ne confinent tes voies
Avance...
D'où vient ce nom"BioTiLande"?
"BIO TI LANDE" est le nom que j'ai choisi, mon conjoint m'en a donné l'idée. j'aime tout jeu de mot, vous l'avez sûrement remarqué!
Donc, BIOTILANDE renvoie à la beauté d'une nature généreusement belle qui fournit des fruits et légumes de qualité supérieure.
Nature is beautiful!
Le panier de légumes bio été 2014 à BioTiLande
BIO pour "Agriculture Biologique", parcelle en friche depuis + de 30 ans, culture biologique menée en agro-écologique permaculturelle,
TI, clin d'oeil à mes origines Créole, signifiant "Petit"
LANDE, ma parcelle se situe au lieu dit "La Lande".
Bio Ti Lande is beautiful!
Le second volet de ma vie!
Il s'est donc ouvert au mois de mai de cette année 2013 qui aujourd'hui ce termine.
Poignante et intense année 2013!
Ce volet se tourne pour s'ouvrir vers une toute nouvelle page blanche à écrire sur le thème de mon nouveau métier maraîcher que j'exerce.
Métier maraîcher, ô combien passionnant!
Cit'action
"Le bonheur n’est pas une plante sauvage
qui vient spontanément,
comme les mauvaises herbes des jardins :
c’est un fruit délicieux, qu’on ne rend tel,
qu’à force de culture"
Nicolas Restif de la Bretonne
Hit the road Jack
magnifiquement interprétée par Ray Charles
Aparté
P'tit clin d'oeil à deux amies avec lesquelles je dansais sur cette chanson, à la manière des "Blues Brothers" avec lunette de soleil, of course.
Nous dansions tout en confectionnant des paniers de légumes lors de mon stage pratique de 7 mois en maraîchage bio.
J'y pense tout sourire aux lèvres!