• Mon installation en maraîchage bio

     

     

    Cet article fait suite à celui qui relate mes souvenirs d'enfances " Rêv' & Alizés" qui ont forgés et ancrés en moi comme une encre indélébile, le désir de poursuivre dans cette voie qui est le maraîchage bio.

     

    Je me suis installée seule en confiance cette année 2013, en culture maraîchère bio.

    Je me suis installée sur une parcelle d'herbes folles en friche depuis plus de 30 ans que j'ai pu façonner en planches permanentes, à ma guise tout en gardant à l'esprit de ne pas trop détruire le biotop existant, arbres, haies sauvages ont été conservés en intégralité, la ruche de Georges (propriétaire du terrain) sous le vieux tilleul est restée en place.

     

    Je ne désire absolument pas que mes légumes deviennent sensibles aux maladies et parasites. Outre les déchets de cultures posés sur les planches ou dans sillons suivie après culture systématiquement d'une rotation d'engrais verts et de mauvaises herbes, je n'apporte aucuns éléments nutritifs aux plantes.

     

    Tout ceci constitue un compostage de surface que seule la vie du sol sait si bien le faire, je n'interviens pas dans ce processus d'humification.

    Par ce biais, je fournis à la vie du sol de quoi se nourrir pour que celle-ci puisse fournir à dose homéopathique à son tour tous nutriments dont mes légumes ont besoin.

    Je tiens absolument à ne pas court-circuiter le système que la nature à pris le temps de mettre en place depuis des millénaires.

     

    J'arrose peu et ce, grâce au paillage de foin. Ainsi les plantes ne se portent que mieux, allant puiser dans le sol eau et éléments nutritifs dont elles ont besoin, leurs racines étant profondément ancrées et ce grâce à l'aide de la vie trépidante du sol aboutissant à des saveurs, odeurs et couleurs prononcées et embaumantes.

     

     

    Vue Bio Ti Lande 2014

     

     

    Mon objectif final tend vers une parcelle maraîchère bio agroécologique pour que l'entité des êtres (vie du sol, légumes, animaux et moi-même) puisse vivre en intense harmonie avec la nature dans l'esprit de la permaculture.

     

    Index 

    Une parcelle préservée nommée "Bio Ti Lande"

    Heureux hasard!

    Apprivoiser et apprécier le temps saisonnier

    J'avance confiante grâce à mes mentors

    Je cultive bio!

    Je soigne les plantes naturellement!

    Le crottin de cheval est bienvenu

    Mes planches permanentes! 

    Mon choix du "non travail du sol" et d'une utilisation d'une couverture permanente 

    Depuis ma prim'enfance

    D'où vient ce nom"Bio Ti Lande"?

    Cit'action

    Aparté 

     

     

     

     

    Une parcelle préservée nommée "Bio Ti Lande"

     

    Parcelle en friche La Lande

     

    Parcelle en friche La Lande

    Parcelle en friche depuis + de 30 ans à "La Lande" 2013

     

    Création de la mare

    Création de la mare en 2013 à l'endroit préconisé par Georges dans la partie basse du terrain car présence de sable en plus grande quantité favorisant la venue de l'eau de ruissellement vers la mare, présence d'argile permettant de retenir l'eau évitant l'ajout d'une bâche plastique au fond de la mare.

     

    L'emplacement de la mare préconisé par Georges a été judicieux, elle retient et conserve l'eau de ruissellement et de pluie, elle est utile pour le biotop environnant, abeilles, oiseaux, insectes, grenouilles ... vivent et viennent y puiser leur pitance.

    Maintenant, l'eau de la mare en cas de forte pluie reste claire. Ceci est dû au fait que j'ai cessé définitivement l'utilisation d'outils rotatifs sur mes planches permanentes. Celles-ci sont soit enherbées, soit couvertes d'un paillis de foin, soit garnies par mes légumes, de ce fait, le sol ne reste maintenant jamais nu aux prises aux aléas de tout genre dont le lessivage des grains de terre.

     

     Préparation sol 2013

     

    Montage du tunnel

    Préparation de la parcelle sur laquelle a été pulvérisé du bio-humus, création des planches, paillage et montage du tunnel 2013 avec l'aide d'amis, d'amapiens.

    Je me rends compte que le bio-humus préconisé par les conseillers n'était d'aucune utilité, étant donné que le terrain était en friche depuis belle lurette et de ce fait le sol avait son taux d'éléments nutritifs plus que satisfaisant pour le sol, la plante, la vie du sol.

     

    Solarisation tunnel

    Solarisation tunnel2

    Solarisation par pose d'une bâche plastique sur le sol afin de détruire les "mauvaises herbes" du tunnel.

     

    J'ai appris et compris le rôle crustal de la mauvaise herbe et son utilité pour le sol, la vie du sol et la plante (cf explications plus bas : "Le non travail du sol et utilisation d'une couverture permanente").

     

     

    Planches permanentes 2013

    Planches permanentes avant paillage

     

     

    Bâtiments à Bio Ti Lande

    Mes bâtiments et tunnel de culture 

     

    Installer les bâtiments et les tunnels face à la route, au premier plan, au niveau de l'entrée de la parcelle est pratique. Cette situation centralisée, en bas de la douce pente est des plus aisé. J'ai été à l'écoute de mon cœur et en suis satisfaite!

     

    Récupération eaux de pluie

    Récupération de l'eau de pluie

     

    Pose d'une clôture éclectrique contre chevreuil

    Pose d'une clôture électrique pour contrer un chevreuil

    qui avait élu domicile sur ma parcelle

     

    Salades plantules

    Semis pour transplantation future

     

     BRF pour semis

     BRF pour mes semis

     

    Semis 2013 sous mini-tunnel fait maison

    Sous un mini-tunnel fait maison, les semis sont recouverts d'une fine couche de BRF (Bois raméal frangmentéafin de conserver entre autre l'humidité

     

       Index 

     

     

     

    Je me suis installée sur une parcelle de 1 hectare en location, dont le propriétaire se prénomme aussi "Georges" comme mon père.

    Heureux hasard!

     

    Tout comme j'écoutais tout ce que m'inculquait mon père Georges à la Martinique, ce Georges là de la France métropolitaine, je l'écoute aussi avec plaisir!

    Georges est un ancien qui n'est jamais avare de conseils pertinents. 

     

    Je me suis installée non pas à la Martinique comme je l'imaginais. La vie nous ouvre des perspectives impensables allant de surprises en surprises.

    Celle-ci en est une!

     

    Je suis maraîchère à "La Lande" en Touraine où chaleur ensoleillée ne dure qu'une saison. 

    Que cela ne tienne!  

     

    Bio Ti Lande à La Lande de Reugny

    Bio Ti Lande à l'entrée de "La Lande" de Reugny

     

      Index 

     

     

     

    Apprivoiser et apprécier le temps saisonnier

    J'ai appris à apprivoiser et apprécier le temps qui court de l'été où tout fourmille et foisonne puis la période nonchalante passant de l'automne à l'hiver durant laquelle les légumes s'endorment peu à peu.

     

    Culture dans le tunnel 2013

     Cultures sous tunnel en 2013

     

    Cultures en plein champ

    Cultures en plein champ en 2013

     

     

    Je suis en paix avec la nature qui m'entoure, je respire et vie avec elle!

     

    L'été a enveloppé ma parcelle de sa douce chaleur puis elle s'est imprégnée d'une chatoyante odeur-terre de vie automnale.

     

    Salades d'automne

    Salades d'automne 2013

     

    Courge Buttercup

    Courge Buttercup 2013

     

     

    Quelque fois je la découvre sous un manteau blanc hivernal, elle s'est laissée couvrir durant la nuit d'une éphémère pellicule dentelée qui le jour pointant se dissolve en fines gouttelettes enivrant le repas de la terre.

     

    Rêv' & Alizés

    Fine pellicule de givre sur ma mare

     

     

    Au printemps prochain, ma parcelle continuera de nourrir une multitude d'êtres vivants s'abandonnant congratuleusement à mes futurs légumes pointant tout en se laissant envoûter par l'odeur des fleurs printanières.

     

     

    abeilles et ruche

    Réveil printagné 2014 des abeilles à Bio Ti Lande

    C'est Georges qui s'occupe de ses ruches

    et des essaims nouvellement formés

     

    Roquette en fleur

    Roquette montée en fleur

     

    Parterre de fleurs printanières

    Mon magnifique parterre de fleurs printanières 

     

    Prunus en fleur à Bio Ti Lande

    Un des prunus en fleur

    clôturant la parcelle Bio Ti Lande

     

     Index 

     

     

    J'avance confiante grâce,

    à des sources diverses et variés qui m'interpellent. J'y puise uniquement les éléments de ces sources qui me parlent tout en laissant de côté ceux qui ne sont pas en adéquation avec ma vision essentielle ne pas bouleverser le sol et la vie qui s'y trouve afin de conserver et maintenir l’équilibre de la vie.

     

    Par exemple, le double-bêchage proposé par John Jeavons me laisse perplexe car celui-ci crée un énorme bouleversement du sol.

     

    Il est de même pour l'ajout de compost mur au sol ou de fumier. Bien que bénéfiques à la plante ils s'avèrent être bien inutiles à la vie du sol, le compost et le fumier étant des matières ayant déjà été décomposées.

     

    Je préfère donc l'utilité du compostage de surface, c'est à dire laisser les déchets de légumes, la mauvaise herbe et le foin être dégradé par la vie du sol sans court-circuiter le système.

     

    Mes sources et ressources proviennent,

    - de mes formations initiales agricoles (BEP Polyculture-élevage, BTA Productions (animales et végétales), BTS Productions animales, stage de 7 mois intensifs en Maraîchage bio chez un producteur,

     

    - de mes origines Antillaises et agricoles regroupant un savoir-faire intégré dans le "Jardin-créole", ce melting-pot de connaissances venues de nos ancêtres Amérindiens, Européens, Africains, Asiatiques (Indes et Chine). Je constate que la permaculture est ni plus, ni moins que, ce que nous antillais et toute autre population autochtone pratiquent depuis des lustres. La permaculture est en fait, le bons sens naturel oublié par certain, remis au goût du jour,  

     

    - des données technico-économiques relatives au maraîchage sur petite surface " Guides techniques maraîchage bio",

     

    - des pratiques de maraîchage bio intensif sur petites surfaces que propose depuis 40 ans John Jeavons "Grow biointensive". Ce lien pdf en français résume la technique de John Jeavons : « Résumé du manuel Grow biointensive traduction Française.pdf »

     

    - de l'agriculture vivrière bio intensive telle que pratiquée depuis 24 ans au Mexique à "Las Canadas", un centre coopératif pour l'agroécologie et la permaculture : « Manual Huerto Biointensivo las Canadas Mexique.pdf »

     

    - de la vision du maraîchage bio intensif aux Antilles mise en place depuis 46 ans à Cuba qui est toute aussi éloquente  et sources d'informations :  "Potagers bio intensifs à Cuba".

     

    - de l'agriculture vivrière et maraîchère bio intensive développées depuis plus de 30 ans au Bénin au "Centre Songhaï", une ferme bio autonome formant des fermiers-entrepreneurs.

     

    La baisse de la charge de travail en hiver me permet d'affiner mes connaissances dont l'une des bases est la lecture. Je vous invite à piocher dans mon article "Biblio Ti Lande", les livres de ma bibliothèque personnelle que j'apprécie.

     

     

    De même, j'avance grâce,

    à des deux rencontres fondamentales de maraîchers cultivant sur planches et sur petites surfaces (moins d'1 hectare) depuis plus de 10 ans pour l'un et plus de 30 ans pour l'autre, en maraîchage bio-intensive.

     

    L'un cultive au Canada "Jean-Martin Fortier", l'autre aux Etats Unis "Eliot Coleman".

    J'ai eu le plaisir de les rencontrer cette année 2013, à la "Ferme du Bec Hellouin" et d'acquérir dans la lancée leur livre qu'ils m'ont dédicacé "Le jardinier-maraîcher" et "Des légumes en hiver", livre "The winter harvest handbook" traduit en français par Elsa Petit.

     

    Pour ces deux derniers cas aussi, je n'ai pas les mêmes avis qu'eux et ne conserve pas certains éléments qu'ils préconisent comme le travail du sol, l'utilisation de semences stérile F1, l'ajout d'intrant tel que le compost, le fumier...

     

    J'ai effectué de nombreux stages et formations (cela perdure),

    dont un "stage pratique" en Touraine de 7 mois en maraîchage bio pleins de ressources, néanmoins faire ses premières armes sur son propre terrain est

    capital! 

     

    J'apprends sur le tas, comme cela s'est précédemment déroulé pour mes deux métiers "d'agent de vente" en agence de voyage puis de "secrétaire juridique" en cabinet d'avocats. 

     

    Index 

     

     

     

    Je cultive bio!

    Sur planches permanentes paillées (cf "Le point du jour" au 30/08/13") et bien que mes premiers légumes ont été semés tard dans la saison au mois de juin, j'ai pu tout de même faire mes preuves et apprendre en expérimentant sans cesse, en observant le comportement de mes légumes et de tous ses acolytes, en retenant et conservant les données de mes réussites mais aussi en virant de bord ou abandonnant quand échecs il y avait.  

     

    L'observation et les échecs me font grandement avancés, je ne les considère pas comme une perte de temps mais comme un grand pas vers une meilleure et nouvelle appréhension de la nature!

     

    L'échec est un chemin de travers qui, si je ne l'avais pas pris, aurait fallu que je le contourne. Je n'aurais donc pas eu l'idée qu'il existe et cela aurait été bien dommage pour la compréhension et l'avancée de mon projet de vie qui me tient bien à cœur.

     

    Vue ensemble tunnel

    Planches permanentes du tunnel au printemps 2014

     

    Index 

     

     

     

    Je soigne les plantes naturellement

    J'utilise des tisanes de plantes issues de ma parcelle ou proches de celle-ci pour soigner et apporter des éléments nutritifs aux légumes.

    Je mets à contribution les vertus de l'ortie, l'achillée mille-feuille, la camomille, le sureau, la fougère, la prêle, la tanaisie entre autre.

    Et je confectionne du purin de "mauvaises herbes" .

     

    Plantes mise à sécher pour tisanes

     Plantes pour les tisanes

    J'ai fait une erreur de débutante en faisant sécher mes plantes au soleil, erreur que je ne réitèrerai pas. Maintenant je fais sécher mes plantes à l'ombre dans un endroit ventilée afin de conserver toutes leurs propriétés.

     

    Purin de mauvaises herbes

    Purin de mauvaises herbes remué chaque jour pour l'oxygénation afin de favoriser la vie des bactéries aérobies 

    Fermentation de 1 mois environ (plus ou moins, cela dépend de la période à laquelle le purin est confectionné), jusqu'à ce que les mauvaises herbes fondent complètement

    Je mets ce purin sur les planches avant une transplantation ou je plonge mes plantules dans le purin dilué 1 litre de purin pour 9 litre d'eau (1 arrosoir)

     Index 

     

      

     

    Le crottin de cheval était bienvenu

    Les chevaux de ma voisine entretiennent toutes les parties enherbées tout en participant à l'apport de fertilisation organique de mes futures plantes sur ma parcelle.

    Néanmoins, comme expliqué auparavant sur le pourquoi de la non utilisation du fumier par la suite et comme constaté sur ma parcelle après le passage des chevaux :  l'eau de ma mare s'est chargée en azote, ce qui a permis l'apparition d'algue. A partir du moment que les chevaux ne sont plus revenu, l'écosystème de ma mare a repris son équilibre et les algues ont disparues.

     

    Entretien par les chevaux

     Entretien par les chevaux

     

     Index 

     

     

     

    Mes planches permanentes! 

     

    Préparation des planches permanentes

    Façonnage des planches permanentes à même l'herbe en 2014 

     

    Charrue vigneronne

    grâce à ma charrue vigneronne

     

    Rotavator

    puis passage d'un rotavator pour émietter les mottes, mais l’un des inconvénients de cet outils est la création d'une semelle de labour donc,

     

    Grelinette et râteau

    utilisation de la grelinette pour casser la semelle de labour et aérer le sol puis passage du râteau pour préparer le lit de semence en enlevant les cailloux.

     

    J'ai stoppé l'utilisation du rotavator qui déséquilibrait l'écosystème. Finalement avancer rapidement pour préparer un immense lit de semence n'est pas une démarche allant dans le sens de la nature.

    J'ai donc pris le temps de prendre le temps, le temps pour préparer au fur et à mesure ma parcelle avec ce que la nature me fournit gratuitement et généreusement, en arrêtant de lutter contre mais plutôt de faire avec, en l’occurrence, de faire avec la dite mauvaise herbe (réponse plus bas : "Le non travail du sol et utilisation d'une couverture permanente")

     

     

    Vue ensemble Bio Ti Lande

    Vue ensemble de Bio Ti Lande printemps 2014

    Planches en attente du paillage.

     

    Je me rends compte que j'ai créé, un sol nu aux prises à tous les aléas, aléas climatiques, aléas biologiques (nuisibles)...

    Bien sur, j'ai paillé par la suite, mais celle-ci a juste caché la misère du sol nu sans défense.

    Le plus judicieux est de pailler avec du foin en automne sans enlever l'herbe.

     (réponse plus bas : "Le non travail du sol et utilisation d'une couverture permanente") 

     

    Un p'tit aparté, après ces constats, sur l'utilisation du tracteur et du rotavator:

    Je n'utilisais le tracteur que ponctuellement pour préparer les planches au tout départ et le transport du foin pour le paillage. La charrue vigneronne correspondait à ce que je recherchais pour façonner les dites planches, les planches sont faites, je n'y reviendrai plus.

     

    L'emploi du rotavator qui m'a été prêté, n'était pas mon outil de prédilection. Il m'a aidé à avancer plus rapidement, je l'ai utilisé dans ce but, mais ce n'était pas du tout une panacée.

     

    Je passais le rotavator à fleur de sol afin de fractionner les "mauvaises herbes" et les déchets de légumes et ainsi éviter que mes buttes ne s’affaissent par un passage profond de cet outil. Mais il s'avère que c'est dans les tous premiers centimètres que la vie du sol est la plus riche et active.

     

    Autre fait important, le rotavator crée une semelle de labour et déchiquette tout sur son passage, vers de terre, insectes, champignons du sol inclus, dénature la structure du sol et vide celui-ci de son essence.

    Cela ne me plaisait guerre, ce constat me mettait vraiment mal à l'aise, je me sentais en discordance total avec la nature.

     Index 

      

     

     

    Mon choix du "non travail du sol" et d'une utilisation d'une couverture permanente 

     

    Finalement comme indiqué plus haut, cette technique du rotavator ne me convient pas du tout, la préparation d'un lit de semence "bien propre" amène à la déstructuration du sol et au bouleversement de la vie du sol.

     

    Un immense lit de semence fait ainsi est uniquement "beau" aux yeux des hommes mais pas du tout conforme aux yeux de la nature.

     

    En tout état de cause, la nature ayant horreur du vide, s'empressera de recouvrir cette terre mise à nu sans défense, selon ses possibilités et le degré des dégâts occasionnés.

     

    Ma priorité a été de rétablir la situation en laissant une couverture de plus en plus naturel de mauvaises herbes repoussées, en tendant le plus rapidement possible vers le "non travail du sol" pour :

    - limiter le fastidieux désherbage,

    - amoindrir l'arrosage,

    - aider les légumes à faire face plus facilement aux conséquences d'une sécheresse ou au contraire aux surplus d'eau comme cela a été le cas en 2015 et en 2016,

     

    mais aussi fait important auquel on ne pense pas : 

    - arrêter d'affamer la vie du sol en lui enlevant le pain de la bouche (la mauvaise herbe et la matière organique verte et fibreuse sont source énergétique de la vie du sol) et de la dérégler en favorisant les insectes et maladies virulentes,

     

    N'est-ce-pas là l'esprit du bon sens où tout ce qui se trouve sur place et se recycle sur place, n'est-ce-pas cela le cycle de la nature?

     

    Il faut garder à l'esprit qu'une plante a besoin de sa partie aérienne faisant face à la source lumineuse pour sa photosynthèse ainsi que de sa partie souterraine pour exsuder le produit de la photosynthèse, son sucre, source énergétique non négligeable pour la vie du sol.

     

    Fort de ce constat, je décide de changer catégoriquement de technique vers ce "non travail du sol" afin de conserver un sol toujours couvert de légumes, de plantes accompagnatrices (mauvaises herbes, juste en les limitant au moment voulu), d'engrais verts quelque ce soit sa forme, en fibres fraîches ou sèches (paillage).

     

    Etant donné que j'ai pu constater les dégâts que faisaient le simple fait de préparer un lit de semence au rotavator, je n'y reviendrai plus!

     

    Bien sûr, le travail du sol booste la vie du sol et accentue la minéralisation de la matière organique par cette vie grouillante et plein d'entrain.

     

    Tout cela favorise la pousse des légumes mais!

     

    Le revers de la médaille est qu'il s'en suit la perte de l'eau du sol, la destruction de la vie du sol, la perte d'éléments nutritifs, le compactage et tassement du sol ect...

     

    Les légumes poussant dans ces conditions, deviennent lourds et obèses, simplement gorgés du trop plein d'eau, de nitrates, de sucres, au détriment des anti-oxydants bénéfiques pour la santé humaine mais aussi pour la défense de ces dits légumes contre la prédation. Ce types de légumes sont dès lors des attire-mouches sans défenses pour tous les prédateurs (insectes, champignons, bactéries...).

     

    Autres faits importants pour la clientèle!

    Des légumes lourds et obèses uniquement gorgés d'eau, de nitrates, de sucres, ne sont pas du tout bénéfiques pour la santé humaine et une fois récoltés, ils ne se conservent pas bien longtemps.

     

    Mon choix est donc fait!

    Je préfère pailler au foin en automne-hiver pour ainsi, ne plus devoir préparer un lit de semences à l'aide outils rotatifs en bouleversant le sol et la vie s'y trouvant.

    Deuxièmement, le paillage permet de fournir des aliments à la vie du sol et par ricocher aux légumes.

    Par ce biais, je ne court-circuite plus le destin naturel de la vie.

    Mes légumes poussant dans ce type de sol en équilibre sont, plus gouteux, plus nutritifs et se conservent bien plus longtemps.

     

     

    Masanobu Fukuoka cite souvent le trèfle blanc ladino en couverture de sol que ce soit pour ses arbres fruitiers, ses cultures de céréales ou pour ses légumes.

    Ses écrits tirés du livre de (pages 219 et 220) "L'agriculture naturelle - Théorie et pratique pour une philosophie verte".

    Masanobu Fukuoka parle en ce sens, je cite:

    "...Trèfle ladino, luzerne et acacia: Qu'est-ce qui aide à restaurer un sol épuisé?

    Je plantai les graines de trente légumes, crucifères et herbes d'un bout à l'autre de mon verger et l'examen des résultats m'amena à conclure que je devais faire pousser une couverture verte en utilisant le trèfle ladino comme plante principale et des herbes telles que la luzerne, le lupin et le lespedeza comme plantes secondaires.

    Pour ameublir les couches les plus profondes d'un sol dur, épuisé, je plantai en même temps des arbres ayant une action fertilisante tels que l'acacia morishima, le myrte et la podocarpe.

    Caractéristique du trèfle ladino:

    Employé comme couverture du sol, il élimine les "mauvaises" herbes. Celles qui poussent une fois l'an disparaissent en un an, les bisannuelles en deux ans. après deux et trois ans, la quasi-totalité des "mauvaises" herbes du jardin ont été éliminées, laissant la place à un champ ininterrompu de trèfle;

    Il amende le sol jusqu'à cinquante centimètre de profondeur;

    Il n'est pas nécessaire d'en semer de nouveau avant six ou huit ans;

    Il n'accapare notablement ni le fertilisant, li l'humidité nécessaire aux arbres fruitiers;

    Il repousse facilement après avoir été coupé et conserve sa vigueur même après avoir été piétiné;

    Il n'entrave pas les travaux des champs.

    Les seuls désavantages du trèfle ladino sont qu'il est sensible au sclérotium et risque de mourir pendant les été chauds et secs et que sa croissance est ralentie à l'ombre et sous les arbres..."

     

     

    Et,

    pour élargir la réflexion sur l'utilité de conserver son sol toujours couvert, je vous invite à écouter Konrad Schreider qui expose avec brio sur cette vidéo le rôle essentiel du couvert végétal, en viticulture, en maraîchage, en grandes cultures...

    Il explique comment procéder pour que la plante cultivée ne puisse plus être une "plante intrus" mais devenir comme il le dit si bien, une "plante intrant", entrant entièrement dans le cycle de la nature.

     

     

    Le travail du sol en vigne est-il nécessaire ? - Konrad Schreiber

     Index 

     

     

     

    Depuis ma prim'enfance,

    ma vie s'est construite et façonnée en ce bois qui plie au gré des difficultés, quelquefois entêtée et dure comme le bois du goyavier mais bien souvent réfléchie et flexible comme le bambou, dans l'ultime but d'attendre la voie que je me suis fixée.

     

    Mon ange gardien est

    en l'occurrence, ma foi en Dieu qui représente en tous lieux un doux et précieux soutien, ma force spirituelle et physique.

     

     

    Et je me relève et avance!

    Comme écrit Aimé Césaire dans son poème "Comme un malentendu de salut : Parole due"

    ... Avance en chemin

    sans écarter les chiens

    le vent par toi vivant par toi-même les acharne

    de tout ce que de montagne il s'est bâti en toi

    construis chaque pas déconcertant

    la pierraille sommeilleuse

    ne dépare pas le pur visage de l’avenir

    bâtisseur d’un insolite demain

    que ton fil ne se noue

    que ta voix ne s’éraille

    que ne confinent tes voies

    Avance...

     

    Index 

     

     

     

    D'où vient ce nom"Bio Ti Lande"?

    "BIO TI LANDE" est le nom que j'ai choisi, mon conjoint m'en a donné l'idée. j'aime tout jeu de mot, vous l'avez sûrement remarqué!

     

    Donc, BIO TI LANDE renvoie à la beauté d'une nature généreusement belle qui fournit des fruits et légumes de qualité supérieure.

    Nature is beautiful!

     

    Mon installation en maraîchage bio

    Le panier de légumes bio été 2014 Bio Ti Lande

     

    BIO pour "Agriculture Biologique", parcelle en friche depuis + de 30 ans, culture biologique menée en agro-écologique permaculturelle,

    TI, clin d'oeil à mes origines Créole, signifiant "Petit"

    LANDE, ma parcelle se situe au lieu dit "La Lande".

     

    Bio Ti Lande is beautiful!

     

     

    Le second volet de ma vie!

    Il s'est donc ouvert au mois de mai de cette année 2013 qui aujourd'hui ce termine.

    Poignante et intense année 2013!

     

    Ce volet se tourne pour s'ouvrir vers une toute nouvelle page blanche à écrire sur le thème de mon nouveau métier maraîcher que j'exerce.

    Métier maraîcher, ô combien passionnant!

      Index   

     

     

     

    Cit'action

               "Le bonheur n’est pas une plante sauvage

    qui vient spontanément,

    comme les mauvaises herbes des jardins :

    c’est un fruit délicieux, qu’on ne rend tel,

    qu’à force de culture" 

     

    Nicolas Restif de la Bretonne

     

     

     

    Hit the road Jack

    magnifiquement interprétée par Ray Charles   

     

     Index 

     

     

     

    Aparté

    P'tit clin d'oeil à deux amies Valérie et Florence avec lesquelles je dansais sur cette chanson, à la manière des "Blues Brothers" avec lunette de soleil, of course.

    Nous dansions tout en confectionnant des paniers de légumes lors de mon stage pratique de 7 mois en maraîchage bio.

    J'y pense tout sourire aux lèvres! 

    Index 

     

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks

    Tags Tags : , , ,
  • Commentaires

    1
    Martine
    Lundi 2 Mars 2015 à 21:29

    Bonjour Jacky

    Belle promenade  sur ton espace comme si j'y étais et que j'ai pris plaisir  à découvrir.

    Formidable.

     

    2
    Jeudi 5 Mars 2015 à 10:36

    Tout le plaisir est pour moi Martine, ton mail m'enchante et me réchauffe le cœur! Bizzz Jacky

    3
    mick
    Jeudi 4 Février 2016 à 20:39

    bonjour jacky,

    Je prend plaisir à te lire, à regarder ton travail, ta persévérance et ta simplicité. Tous ces talents me réchauffent le coeur. Je t'écris de ta Martinique et te dis "Tchimbé Raid Pa moli". Je pense plantes, je respire plantes, je vis plantes. Merci jacky

    mick972

    4
    Dimanche 7 Février 2016 à 18:51

    C'est tout aussi un plaisir pour moi de vous lire Mick, vos simples mots me rapproche en pensée de la Martinique.

    Continuez à penser, respirer et vivre plante, c'est grâce à elle qui nous vivons sainement.

    Elle débarrasse notre atmosphère du gaz carbonique qui nous est toxique et rejette sa source oxygénée, précieuse et enivrante.

    Elle nous fournit son sucre élaborée à base de ce carbone de l'air recyclée en perle, dont nous nous servons comme source énergétique savoureuse à souhait qui nous permet de réfléchir sans fléchir.

    Que demander de plus à la nature, elle nous procure tout à foison, il suffit juste, oui juste, d'agir en sorte pour ne pas déplumer la poule aux œufs d'or et de se retrouver qu'avec un sac alléger en plumes!

    En vous lisant je pense à ces mots d'Aimé Césaire dans Armes miraculeuses : Les purs sang, que je vous dédie

    "...Mes pieds vont le vermineux cheminement,

    plante

    mes membres ligneux conduisent d’étranges sèves

    plante plante

    et je dis

    et ma parole est paix

    et je dis et ma parole est terre

    et je dis

    et

    la joie

    éclate dans le soleil nouveau..."

    Mwen ka tchimbé

    Plis fos pou'w Mick! Jacky

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :